02 mars 2009
Peau de lapin
Voilà une BD perfide qui, l'air de rien sous son trait fin, vous met un uppercut, pan dans les dents.
Le héros, Peau-de-lapin, est un enfant, trimballant un certain nombre de casseroles propres au monde cruel de l'enfance auxquelles on rajoute une couche de monde cruel des adultes. Au final, on obtient une bonne grosse tartine de gâchis et toute sa jeunesse "Peau-de-lapin" se sentira gibier au pays des chasseurs.
Le dessin est efficace et en dit long avec peu et surtout, surtout, c'est dessiné au crayon de papier. J'adore les matériaux simples type stylo bille, crayons de papier, crayon de couleur qui donnent un rendu qui me touche plus que tout.
"Peau de lapin" de Gauthier - Editions Misma - 10 euros.
Les éditions Misma
Le site d'Anne-Charlotte Gauthier
21 novembre 2008
Lulu
Venez faire la connaissance d'une femme attachante. On peut la trouver égoïste, inconsciente ou immorale mais on ne peut nier son culot et l'empathie qui se dégage d'elle. Elle s'appelle Lulu, a toujours un peu vécu dans l'ombre de ses enfants ou celle de son mari et la quarantaine approchant cherche à revenir dans la lumière. Après un entretien d'embauche négatif (qu'on devine le énième d'une longue série) elle décide de ne pas rentrer chez elle. C'est un instinct, un élan, rien de tout cela n'est réfléchi. Ce n'est pas une fuite, juste un pas de côté pour voir, un petit souffle d'égoïsme salvateur pour voir la mer et prendre du temps. Son mari s'emporte, ses amis s'inquiètent, elle rassure "je vais bien, je reviendrais". Elle rencontre un homme (et ses deux frères, une vraie bande de pieds-nickelés ) et cela a le goût des flirts de vacances et du bonheur, qu'importe si on sait pertinemment qu'il est éphémère. Un de ses amis et sa fille ainée, la recherche, la retrouve, la file et la voit rire et cela les rassure suffisamment pour qu'ils la laissent à sa parenthèse enchantée.
Tous les personnages esquissés par Davodeau sont terriblement attachants. Je l'ai lu en pause au boulot mais ne l'ayant pas fini au terme de ma pause, j'ai encore lu en descendant hyper doucement les escaliers puis lu encore avant de la reposer à sa place sur la table et refermé avec un petit pincement. Cette Lulu-là m'a ému et on a vraiment envie de continuer à faire un bout de chemin avec elle (j'ai appris avec bonheur qu'il y aurait une suite).
"Lulu femme nue" d'Etienne Davodeau - Futuropolis
09 avril 2008
Lecture & couture en cours
A l'occasion de la sortie du troisième tome de "La guerre d'Alan", je me suis replongée avec bonheur dans les 2 premiers tomes. Un régal de récit !
Sinon, j'ai envie de mettre ce tissu acheté hier à toutes les sauces. C'est un appel au printemps à lui tout seul !
21 février 2008
Ariol, petit âne de mon coeur
Incidences croisées d'infos glanées via Caroline (ma collègue résistante !), Mai ou Encre violette et me voilà à regarder le pilote d'Ariol. J'ai la banane, je bois du petit lait, je les aime déjà lui et sa bande d'animés !
C'est par là !
24 janvier 2008
Bras de fer
Un peu de baston dans ce monde de doux, ça ne peut pas faire de mal :-) !
Allez jeter un oeil à ce championnat de bras de fer dessiné, il n'y a que du beau monde : Trondheim, Parrondo, Lisa Mandel, Killofer, Sebastien Lumineau, Guy Delisle, Berberian, Peeters, etc.
23 janvier 2008
La guerre d'Alan
Ce soir, je suis allée à une conférence d’Emmanuel Guibert, dessinateur entre autre du « Photographe » et de la « Guerre d’Alan ». J’ai bu ces paroles (c’est qu’il est fort loquace l’animal !) car il parle bien, sait trouver les images justes, a le verbe fluide et le mot adéquat. Le genre d’orateur que je jalouse secrétement et pourtant pour qui j’ai de la reconnaissance de savoir exprimer si nettement ce que je peinerais à dire de façon brouillonne. Un homme avec qui il doit faire bon être ami au vu de ce qu’il racontait d’Alan Cope, vieil américain rencontré par hasard sur l’ile de Ré et qui est devenu son ami puis après de longs entretiens à raconter ses souvenirs, le héros ordinaire de 2 bds (bientôt 3, le tome 3 sort en mars à l’Association et à ma plus grande joie !). Ces récits racontent les souvenirs de vie et de guerre d’un tout jeune américain dans les 40’s, qui a 20 ans le jour de son débarquement en France et tout à apprendre. Alan Cope était un bon conteur et ici, point de boucherie à la soldat Ryan mais de menus faits, en petites touches et émotions.
Je n’arrive pas vraiment à expliquer comment le dessin de Guibert peut être si puissamment générateur de sensations, avec une économie de moyen et un trait si aérien mais le fait est qu’il y arrive.
A lire donc…
19 novembre 2007
Lecture en cours
Après "Pyongyang", voici "Chroniques Birmanes" de Guy Delisle chez Shampooing/Delcourt. Je ferais du mauvais esprit, je dirais qu'il a mis sur pied un plan marketing dingue et que les soulèvements récents en Birmanie tombent, comme par hasard, bien à propos.
Bon... pas drôle ? OK !
Cette fois, Guy Delisle part en Birmanie (officiellement Myanmar) accompagner sa femme membre de Médecins Sans Frontières. Son rôle de père au foyer le rend touchant mais peut être un peu moins mordant que dans Pyongyang. On n'y apprend néanmoins quelques trucs sur la main mise de la junte au pouvoir sur la population et les bâtons dans les roues des ONG et leur relative impuissance à accomplir leurs missions, les aberrations dont ont l'air friandes les dictatures, la vie d'expat' plutôt cool contrastant de manière saisissante avec celle des autochtones. Une fois cette BD lue, on est un peu moins bête et avec le sourire !
12 septembre 2007
Lecture en cours
Ah, ce Paul, toujours aussi touchant... Et lire le québécois dans le texte, eheh, ça fun noir !
"Paul a un travail d'été" de Michel Rabagliati - Ed. La pastèque.
07 juin 2007
Bing/bong
Aussi fort que "La mouche" de Trondheim, dans le genre BD sans paroles (hormis un savant jeu de "bing/bong"), voici Fido, chien à la trogne sympatoche et solide, fâché avec les lampadaires (à moins que ce soit un amour vache), dont le destin se mesure à la hauteur de sa bosse. Comique de répétition, comique de l'absurde ou comment réinventer 89 fois le coup du chien qui se mange un poteau.
"Fido face à son destin" - Sebastien Lumineau - Delcourt
14 mars 2007
Paul à la pêche
« Paul à la pêche » ça sonne comme « Martine à la montagne » ou « Bécassine maîtresse d’école » . Détrompez-vous.
Paul est canadien (d’où quelques expressions exotiques). Paul est amoureux de Lucie et ils vont avoir leur premier enfant. Paul part en vacances au bord d’un lac et se rappelle qu’il n’aime pas la pêche. Pincements au cœur, souvenirs d’enfance égrenés, personnages attachants, graphisme un peu rétro et une fin qui vous arrache une sourire idiot (je me rends compte que quand je lis un livre, je vis le livre et on doit pour suivre le fil de l’histoire sur mon visage : yeux embués, bouche tordue de compassion, sourire béat…), bref, une tranche de vie qu’on a envie de partager.
Sinon ils en parlent aussi ici ou là.
« Paul à la pêche » de Michel Rabagliati – La Pastèque.










