06 mai 2006
Lecture en cours...
Toujours aussi furieusement déjanté, critique de la raison pure, miam !
"Berceuse" de Chuck Palahniuk - Folio policier.
27 avril 2006
Lecture en cours...
Comme Picasso (la voilà
qui se compare à Picasso maintenant , pfff!), je suis dans ma période
espagnole. Après Gurb,
voici "La fille du cannibale". L'intrigue est toute bête : le mari de
l'héroïne disparait alors qu'il se rend aux toilettes dans un
aéroport. Le côté pseudo policier est plutôt traité sur le mode
loufoque. Il y a aussi un pendant plus sérieux où l'héroïne a quelques
reflexions bien senties sur la solitude, le couple, sur une certaine
quête de soi et de celle qu'on est devenue. Un vieil anar et un jeune
chien fou gravitent autour d'elle comme deux béquilles. Un roman qui
sait allier légèreté et instrospection, pas mal !
19 avril 2006
Fou rire espagnol
"Sans nouvelles de Gurb" d'Edouardo Mendoza - Point virgule.
Ce livre est un ovni et ça tombe bien, il parle d'extraterrestres. Un
vaisseau se scratche dans la banlieue de Barcelone et un extraterrestre
pragmatique part à la recherche de son copilote, Gurb (qui pour faire
couleur locale a eu la bonne idée de prendre l'apparence de Madonna).
Il tient un journal de bord où chemin faisant, il observe ce qu'il voit
et c'est pas joli joli à voir. Le genre humain (nous, quoi !) et son
mode de vie consumériste s'en prend plein la figure et les choses qui
nous semblaient acquises nous semblent soudain d'une incongruité
terrible vues par le prisme de cet E.T. terre à terre. C'est délirant,
franchement marrant, satirique, bref une petite séance
d'auto-flagellation bien salutaire (et qui vous fera des zygomatiques
en béton !)
03 avril 2006
Romans de filles
Bon
le printemps est là, ça y est ! On a envie de choses légères, un peu
futiles, mais pas seulement, parce qu’on est des filles
intelligentes, on a envie AUSSI de choses sensibles et bien écrites !
Donc voici quelques lectures de filles pour filles (je pourrais dire de
femmes pour femmes mais ça fait tout de suite un peu grandiloquent !).
Primo, "LE PROBLEME AVEC JANE" de Catherine CUSSET chez Folio.
Le problème de Jane, c'est le manuscrit anonyme qu'elle reçoit un matin
et qui raconte sa vie par le menu : ses sentiments, sa vie sexuelle,
ses déceptions, son angoisse face à la vie, son amour des problèmes.
Qui peut la connaître aussi bien ? Elle cherche... Ce roman dans le
roman inventorie les tracas amoureux et sociaux dans le milieu
universitaire américain. Un roman très féminin qui se lit d'une traite.
En deuxio, il y a Laurie Colwin.
Elle a un ton et sait parler comme personne des petits arrangements que
l’on fait avec notre vie pour se persuader qu’on a pas trop dévié des
nos idéaux de départ, des petites ratées qu’on camoufle, les compromis
qu’on essaie de trouver. Elle est le porte-parole des ces femmes qui se
sentent bancales dans une vie a priori heureuse mais pourtant teintée
d’insatisfaction. Elle en a écrit plusieurs mais je peux en citer deux
:
"UNE EPOUSE PRESQUE PARFAITE" chez Autrement.
C’est bien connu, la perfection n’existe pas. L’héroïne s’en rend
cruellement compte en se prenant les pieds dans le tapis de sa vie
pseudo parfaite. Cette cruelle désillusion la fait souffrir bien sûr
mais la sauve d’une existence qui finalement n’était pas faite pour
être la sienne. Un roman qui rassure sur notre
propre imperfection.
"UNE VIE MERVEILLEUSE" en Livre de poche.
" Fuir le bonheur de peur qu'il ne se sauve". Cette phrase de
Gainsbourg illustre à merveille l'attitude des personnages de ce roman
qui reculent devant cette vie merveilleuse qui ne demande qu'à être
vécue. Un livre heureux, malgré tout, sur des êtres en déroute face à
leurs sentiments.
28 mars 2006
Habillée pour le printemps !
"Habillés pour l’hiver" de David Sedaris chez Plon. Ne vous fiez pas à cette couverture hyper racoleuse (je ne sais pas si un auteur peut faire un procès à son éditeur parce que là, je trouve que c’est préjudiciable, personne n’a envie d’acheter un bouquin avec une couv’ aussi moche !). Bref, l’intérieur est bien plus sensible qu’il n’y paraît, ponctué de récits doux-amers sur l’enfance, la famille, les liens indéfectibles qui nous unissent et le sentiment de solitude qu’on peut parfois ressentir auprès des siens. Mais David Sedaris a un sens de l’anecdote assez savoureux et sait faire rire ou sourire d’épisodes malheureux, pitoyables. On fait avec sa famille même si elle est bancale et autant prendre ça avec auto-dérision. Un bon moment en persepctive...
11 février 2006
Vote for Chuck !
Il n’y a pas que des illustrateurs «cute » dans mon Panthéon, il y a aussi des auteurs trashs. Et notamment le cultissime Chuck Palahniuk (rien que son nom est une torture à écrire !). La lecture d’un de ses livres fera passer votre vie pour le comble de la sérénité. On se retrouve dans des univers où folie douce et folie furieuse livrent bataille, où c’est un miracle que le héros reste en vie avec le nombre de névroses qu’il se trimballe ; c’est complétement azimuté, du coup, on se dit « mais comment fait-il pour retomber sur ses pieds, mais où va-t-il chercher tout ça ! » car c’est truffé de trouvailles stylistiques et romanesques. Palahniuk a un regard acide sur l’Amérique contemporaine (son addiction aux médicaments, son amour des groupes de paroles, sa soif de consommations en tous genres...). Le plus connu de ses livres est « Fight club » grâce à l’adaptation en film (très bon d’ailleurs !) mais vous pouvez aussi en lire 2 autres (sans vous ruiner, c’est en poche – pff, une libraire qui pense au porte-monnaie de ses lecteurs, quel sens du commerce à chier !) : « Choke » et « Survivant ». Le premier est en
Folio SF et les 2 autres en Folio Policier et ce classement dans des collections thématiques est une aberration car c’est vraiment une littérature inclassable, des histoires inracontables. Allez, hop, je crée mon 2e fan-club, après Pomelo, « Vote for Chuck ! ».
22 janvier 2006
Poétique de l'égorgeur
Vient
de sortir en poche la "Poétique de l'égorgeur" (quel titre ! ) de Philippe Ségur en Points Seuil. C'est l'histoire d'un universitaire à
la vie planplan qui voit son quotidien bouleversé par une sorte
d’Attila inventé pour l’histoire du soir de ses filles. Le barbare
prend le pas sur sa vie et son âme et c’est le fin des haricots ! Un
roman bouillonnant, drôle, qui vous aspire dans une spirale
d’événements insensés. C'est décoiffant !
13 janvier 2006
Lecture en cours...
Sur les conseils d'Innamorata, je lis "Motel blues" de Bill Bryson. Et je pouffe, je glousse... Je vous en dis plus quand je l'aurais fini.
04 janvier 2006
En janvier, pas de morosité.
JANVIER.
Soit c’est l’euphorie d’une nouvelle année qui commence
(soldes, du passé faisons table rase, bonnes résolutions), soit c’est
la déprime (gueule de bois, soldes, recommencer encore !). Pour faire
pencher la balance du côté de l’euphorie, voilà quelques livres qui
m’ont fait pouffer, voire carrément rendue ridicule dans les transports
en commun (rire à voix haute attire toujours des regards étonnés !).
D’abord « Haute fidélité » de Nick Hornby (10/18), un roman dépressif ET drôle. On y rencontre le champion du monde des losers : Rob Fleming : disquaire, trentenaire et largué. Sa vie est aussi bordélique que ses disques sont bien rangés. J’adore les romans de losers, ce sont ceux qui ont l’esprit le plus cynique, mordant.

Un autre anti-héros : Marc Villard. « Un jour je serais latin lover » (Folio)
ou la vie mode d'emploi : un jour on est Superman, le jour suivant, on
a le moral dans les chaussettes. D'anecdotes en tranches de
vie, Marc Villard se moque de lui-même et de nous par la même occasion,
de notre manière cyclothymique d'affronter l'existence. L’anecdote de
l’écrivain raté qui va acheter ses propres livres en librairie est un
petit moment d’anthologie.
Sinon, il y a « Au lit » de David Baddiel (10/18).
Là, c’est plus léger, mais assez jubilatoire : vous y savourerez la
course poursuite la plus lente de l'histoire, y subirez le colocataire
le plus tordu et y vivrez une histoire d'amour peu conventionnelle.
On enchaîne sur « Le chameau sauvage » de Phillipe Jaeneda (J’ai lu), un roman bourré de digressions inutiles donc savoureuses où il y a une « leçon » sur « comment se comporter dans un ascenseur en présence d’autrui » qui restera dans les mémoires !
Et pour finir, last but not least, «Un anthropologue en déroute» de Nigel Barley (Payot).
Entre le récit de voyage, la leçon de choses et « comment je me suis
fait tourner en ridicule par les peuplades que j’étais censé observer
». On retrouve l'anthroplogue dans plusieurs bouquins avec toujours
autant de plaisir. Extra !
Allez, gardez le sourire !
13 décembre 2005
Vive le court (bis) !
Je voudrais crier ici mon ammmooouurr de la
nouvelle. Loin d’être une facilité, je trouve que c’est un exercice de
style périlleux. J’ai déjà cité Richard Brautigan ou Etkar Keret. Passons maintenant au cas de Brady Udall.
« Lâchons les chiens » chez 10/18 (Petite
digression : je vous ai déjà dit que j’avais rencontré Christian Bourgois (des éditions du même nom et fondateur de
la collection 10/18) lors d’un
déjeuner ? C’est un vieux monsieur impressionnant de
culture, de modestie (alors qu’il a de quoi se pavaner de fierté !),
d’érudition, avec un humour pince sans rire. Evidemment je suis restée
cruche comme c’est souvent le cas devant les gens qu’on admire. Fin de
la digression.) « Lâchons les chiens » disais-je. Une petite
merveille où chaque nouvelle crée son univers à part entière, où
chaque personnage devient sympathique et prend vie dès la première
ligne. En onze courts récits, Brady Udall nous campe un Far West
contemporain peuplé de gens ordinaires aux destins tragi-comiques. Les
cow-boys et les indiens ne sont plus se qu'ils étaient. Vraiment
emballant !










