esmeUn roman qui m'a happée, lu d'une traite, avalé.
Iris, jeune femme libre et pleine de contradictions apprend l'existence d'une parente jusque-là inconnue, une grand-tante lui dit-on. Un père mort, un faux-demi frère, une mère exilée de l'autre côté du globe et une grand-mère atteinte d'Alzheimer dont elle a la tutelle, elle n'est pas sûre de vouloir compliquer plus encore son arbre généalogique. Sauf que cette vieille dame farfelue ne tombe pas du ciel, elle a été "oubliée"  des siens pendant 60 ans dans un asile et la curiosité et la volonté de savoir est plus forte. Pour nous, lecteurs, la volonté de savoir est tenace, nous prend aux tripes, nous dégoûte, nous émeut. Toute est distillé par bribes, par strates, par époques : l'enfance heureuse dans les colonies des Indes, la froidure écossaise et les règles rigoureuses de la haute bourgeoisie des années 30, le désamour de sa propre famille, prendre le risque d'être soi et ne pas vivre une vie corsetée que l'on a choisi pour vous et en payer un prix prohibitif,  accepter les règles et mettre son désir dans sa poche bien enfoui et en payer le prix (tout aussi prohibitif).
Cette Esme que l'on voit petite fille, jeune fille puis vieille femme est terriblement attachante ; on a presque envie de la prendre dans nos bras et de lui dire pardon.

"L'étrange disparition d'Esme Lennox" de Maggie O'Farrel - 10/18