23 avril 2012

Lu en 2012 # 6

Au début, j'avoue, le concept me faisait peur. Une vie à parler de son corps, ses maux, ses vigueurs, ses manquements, ses élans, je craignais que ce soit chiant. Et puis des critiques dithyrambiques ont fusés de toutes parts et j'ai plongé. Avec bonheur, je dois dire. Le narrateur laisse à sa fille après sa mort son journal où il ne décrit sa vie que par le prisme de son corps. On ne sait rien ou peu du métier qu'il exerce, de ses opinions, de l'Histoire en marche. Et pourtant c'est loin d'être nombriliste, il y a une sorte d'universalité, son corps est LE corps. Ça se lit tout seul, c'est plein de formules qu'on a envie de noter ou qu'on approuve d'un hochement tête et c'est aussi là que se pose la limite de l'exercice. J'avoue que des fois, je me suis sentie un peu frustrée, j'aurais voulu qu'il en dise plus sur lui, Mona, Bruno, sa mère, et à la place des petites formules lapidaires ou enflammées, j'aurais souhaité un peu plus de narratif. Mais bon, ça aurait été un autre livre.
"Journal d'un corps" de Daniel Pennac - Gallimard.

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22 mars 2012

Lu en 2012 # 4

Je m'étais presque fait pipi dessus avec "Le koala tueur". Avec "La vengeance du wombat", je ne boude pas mon plaisir. Ces petites nouvelles font leur office : se picorent comme des friandises (mais ne font pas grossir), déclenchent les sourires (et les rides qui vont avec) et Kenneth Cook a décidement toute ma sympathie (et ma compassion au vu de certaines situations :-)
"La vengeance du wombat" de Kenneth Cook - traduit de l'Australien par Mireille Vignol - Livre de poche.

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22 février 2012

Lecture en cours

Ah les titres des livres de Kate Atkinson ! Tout un roman à eux seuls...

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Edit : Comme toujours ses personnages sont un régal et certaines petites phrases un peu cyniques sont à noter. Seul petit hic qui m'a déplu : trop de références anglo-anglaise et du Emily Dickinson à tout va... Mais j'ai fait avec sans souci !

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15 janvier 2012

Lu en 2012 # 1

2012-01-15_0003"On en voulait encore. On frappait sur la table avec le manche de nos fourchettes, on cognait nos cuillères vides contre nos bols vides; on avait faim. On voulait plus de bruit, plus de révoltes. On montait le son de la télé jusqu'à avoir mal aux oreilles à cause du cri des hommes en colère. On voulait plus de musique à la radio ; on voulait du rythme ; on voulait du rock. On voulait des muscles sur nos bras maigres. On avait des os d'oiseaux creux et légers, on voulait plus d'épaisseur, plus de poids. On était six mains qui happaient et six pieds qui trépignaient ; on était des frères, des garçons, trois petits rois unis dans un complot pour en avoir encore."

Comme ça faisait longtemps que je n'avais pas eu un coup de coeur pareil pour un roman ! Un roman court où chaque petit chapitre a la force d'une nouvelle en soi. La vie d'une famille vue par le prisme de la fratrie, trois enfants fusionnels, aussi animals qu'une portée de louveteaux. L'énergie du désespoir chevillée au corps et la vitalité brute qui court dans leur bras maigres est rendue grâce au sens du rythme génial de l'auteur.  Un rythme scandé, musical, parfois proche du slam, toujours le mot ad hoc : une vraie  partition !
C'est la dèche, l'amour, la peau, les pleurs, les cris, le bruit, l'enfance les cinq sens en alerte, insatiables, la VIE !
Une lecture physique : on en veut encore !

"Vie animale" de Justin Torres - traduit de l'américain par Laetitia Devaux - Éditions de l'Olivier.

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30 août 2011

Lu en 2011 # 30

2011_08_15_0022Moscou, années 60, une rumeur circule selon laquelle un célèbre compositeur en exil reviendrait donner un dernier concert. Une file d'attente commence à se former devant un kiosque. L'attente se transforme en jours puis en mois jusqu'à ce qu'une année entière s'écoule. La file s'organise, des jalousies, des amitiés, voire des amours se nouent. Cette file cristallise tous les espoirs, les rêves d'un quotidien qui serait meilleur et chacun fait la queue pour des raisons très diverses. Ce billet de concert devient un Graal qui en poussera plus d'un dans ses retranchements. J'ai beaucoup aimé cette chronique d'une vie russe, les attentes déçues, les espoirs fébriles, les plans sur la comète ou les lâchetés des personnages.

"L'auteur s'est inspirée d'une histoire vraie. En 1962, le célèbre compositeur Igor Stravinsky est invité par le régime soviétique à venir diriger un concert à Moscou ; ce sera son premier voyage de retour dans son pays natal après presque 50 ans d'absence. La file d'attente pour les billets commença un an avant le spectacle et se transforma en un étrange et compliqué réseau social."

"Le kiosque" d'Olga Grushin - traduit par Alain Defossé - Rivages

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20 juillet 2011

Lu en 2011 # 29

Ca devait être ma lecture de vacances (un auteur que j'adore, un pavé de 736 pages : le meilleur pour la fin comme dirait adl) mais j'ai craqué avant. Golden (au nom improbable), fils de Royal (au nom encore plus improbable) est mormon, mari de 4 épouses et père de 28 enfants. Certains soirs, il se cache dans le placard de la Grande Maison tant la situation le dépasse. Et il perd carrément le contrôle du navire-amiral qu'est sa famille quand il tombe amoureux, pour la première fois semble-t-il, d'une femme brune de peau et lumineuse de coeur.
C'est un pavé qui se picore et/ou s'avale car bourré de minis-chapitres. Ca grouille de personnages attachants, émouvants, surprenants, agacants, ridicules qui au final essaient tous de faire leur trou et d'exister au milieu de la masse, chacun à leur façon. Bref, idéal pour être LE roman de l'été.
"Le polygame solitaire" de Brady Udall - traduit par Michel Lederer - Albin Michel

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11 juillet 2011

Lu en 2011 # 28

Un homme âgé qui n'attend plus grand chose de la vie, si ce n'est qu'elle passe doucement, s'enterre avant l'heure sur un ilôt suédois. Chaque matin, il creuse un trou dans la glace et s'immerge dans l'eau glacée pour se prouver que, quelque part, il est encore vivant. Un jour, une femme vient lui rendre visite. Il l'a aimé puis abandonné 30 ans plus tôt, sans explication. Elle va mourir, elle exige qu'il tienne une promesse faite 30 ans auparavant : lui montrer un petit lac de forêt aux eaux noires. Ca peut paraitre plombant mais plus la mort, la vraie, se rapproche plus le livre devient vivant, touchant.

"Les chaussures italiennes" d'Henning Mankell - Point Seuil

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05 juillet 2011

Lu en 2011 # 27

Gageons que ce livre sera le bouche à oreille de la rentrée, retenez-le, il sort fin août. Un roman épistolaire autour d'une photo, des mots justes et choisis, l'émotion qui pointe  quand on évoque des amours défuntes et le sentiment de trahison quand on découvre l'étendue des non-dits. Un roman qui s'avale.
"Eux sur la photo" d'Héléne  Gestern - Arléa

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20 mai 2011

Lu en 2011 # 21

2011_05_11_0002J'ai aimé et suis infoutue d'en parler. Une chorale de personnages dont le "la" serait le rapport à la judaïté, le rapport à l'autre (incompréhension, tentative de compréhension, admiration) et un bureau à tiroirs. Des beaux portraits, de beaux passages et une histoire avec autant de tiroirs que son bureau.
Charlotte en parle mieux ici.

"La grande maison" de Nicole Krauss, traduit par Paule Guivarch - Editions de l'Olivier.

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15 avril 2011

Lu en 2011 # 15

Mélancolie du quotidien
Mots justes
Suspendus hors du temps

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