29 mai 2009
La route
Atone, rude, terrifiant, âpre, pesant, aride, noir, lapidaire, désolé, sombre, glaçant, dur, triste...
Une claque et une boule au ventre quasi-permanente.
Un livre dont je n'ai pas pu terminer les dernières pages pendant ma pause déjeuner tellement j'avais peur de m'effondrer devant les gens qui m'entouraient. J'ai attendu d'avoir un Tony conciliant à côté de moi.
La fin du monde a eu lieu, un homme et son enfant marchent sur la route, vers un sud qu'ils espèrent meilleur (mais l'espoir est-il seulement encore une notion applicable ?). Ils ont froid, peur, faim, ils survivent et ils avancent. Deux petites lueurs d'humanité dans un monde qui en a rayé toute trace. La flamme est vacillante et semble si dérisoire dans ce paysage calciné.
C'est un livre quasi inconseillable tant les mots pour en parler sont sombres et pourtant, c'est un livre à ne pas rater.
"La route" de Cormac Mc Carthy - Editions de l'Olivier et Point Seuil.
08 avril 2009
Le livre du chevet d'à côté
Voilà ce que j'appelle un roman doudou : un livre qui se lit vite (on a l'impression d'être productive plutôt que de peiner 2 mois sur un roman nous donnant le sentiment d'être une tâcheronne. Du coup, c'est bon pour l'estime de soi :-), dans lequel les personnages sont attachants voire franchement sympathiques, qui parle d'amour (mais où l'on manie plutôt le second degré que la "cucuterie"), qui n'est pas écrit avec les pieds, bref un livre qui donne envie de l'ouvrir plutôt que de regarder la télé et qu'on referme le sourire aux lèvres. Ce livre c'est Roméo et Juliette sans le tragique, les vers, le grandiloquent et le 16e siècle, bref, en fait ça n'a rien à voir avec Roméo Juliette :-). C'est juste l'histoire de deux personnes qui s'aiment alors que tout oppose et qui se demandent comment composer avec ça. Le postulat de départ est assez cliché. Dans un coin du ring, on a La Crevette (bibliothécaire fadasse, veuve, vivant dans un apart aseptisé et férue de culture) et en sparring partner, Le Blaireau (agriculteur célibataire vivant dans la ferme de feux-ses parents, dans son jus depuis les 50's et enchaîné corps et biens à ses vaches). Mais le ton de Katarina Mazetti fait toute la différence et les clichés prennent du plomb dans l'aile.
"Le mec de la tombe d'à côté" de Katarina Mazetti - traduit du suédois - Actes Sud
18 mars 2009
D'autres vies que la mienne
(...)
Je l'ai fini hier soir et je ne sais pas trop comment en parler sans faire peur (tsunami, mort, cancer, handicap, surendettement, deuil, on fait plus glamour :-). Ça soulève toutes nos peurs (j'ai fait des cauchemars toute la nuit) et en même temps, avec le recul, ça célèbre la vie. On pleure mais ce n'est pas mélo. Tout y est vrai mais ce n'est pas un banal témoignage et les personnages ont la carrure et la beauté des grands héros de fiction. L'écriture est tantôt blanche, détachée, descriptive (E. Carrère ne se donne pas le beau rôle et le titre (que j'adore) est représentatif de son rôle de spectateur) mais comme il est quand même bon écrivain, il y a de belles très belles choses dites sur l'amitié, l'amour, la mort.
Et comme le dit Olivia de Lamberterie dans "Elle" : "A lire avec des bras pas loin pour se consoler".
"D'autres vies vies que la mienne" - Emmanuel Carrère - Pol
13 janvier 2009
Pas facile de voler des chevaux
Carole m'avait donné envie et le plaisir s'est confirmé !
Voilà un petit roman court à plusieurs strates. Roman sylvestre où l'action laisse la part belle aux sensations : le noir de la forêt de sapins, l'odeur des grumes de bois, la chaleur d'une pierre plate, les bruissements du courant de la rivière. Roman d'initiation où le jeune héros observe, subit et éprouve les troubles des premiers sentiments puis, une fois âgé, se retrouve un peu empêtré dans ses relations aux autres. Roman historique où en trame de fond on observe les va-et-vient des acteurs de la seconde guerre très loin du front. Et en fil rouge, tout au long de l'histoire, un suspens, un sentiment constant qu'un drame imminent plane.
"Pas facile de voler des chevaux" de Per Petterson - Folio
17 juin 2008
Lecture juinesque
Plus gai que Laurie Colwin, moins cruche que la "chik' litt'", Gail Parent est une sorte de Woody Allen en jupon (en Nylon infroissable) : un joli condensé d'humour juif new-yorkais si plein d'auto-dérision et pourtant empêtré dans les conventions sociales. Le postulat pourrait être triste : ayant raté sa vie (c'est-à-dire être célibataire à 30 ans) et d'une pierre deux coup, gâché celle de sa mère aussi, Sheila Levine organise son suicide. Et autant vous dire qu'elle fait ça bien ! C'est drôle et quand on sait que ça a été écrit dans les 70's, certains romans "de filles" contemporains paraissent bien ringards à côté.
Et hop, une lecture pour l'été, une !
"Sheila Levine est morte et vit à New York" de Gail Parent - Rivages poche
24 octobre 2007
Lecture en cours
"Les invités de l’île" de Vonne van der Meer en 10/18.
Une maison de location, près de la plage, sur une île des Pays Bas. Autant de personnages qui y séjournent pour mettre leur vie entre parenthèses le temps d’un week end, une semaine ou deux…et y vivent des moments de bonheur, de solitude, de réconciliation (ou pas…), de doutes. Il y aura forcément un personnage qui vous parlera, vous touchera. Personnellement mon empathie fut immédiate pour ce veuf attachant et inconsolable si proche de la mort et rattrapé par la vie grâce à une crêpe au lard et un maillot de bain à pois (je décrète les pois, meilleurs anti-dépresseurs du monde !). C'est un brin mélancolique et pourtant je crois que j'ai beaucoup souri (non pas parce que c'était drôle mais parce que c'était touchant).
Et je ne suis pas la seule à avoir aimé (ici et là entre autres), donc...
19 août 2007
Lecture en cours
"LES CHOSES S'ARRANGENT MAIS ÇA NE VA PAS MIEUX" - KATE ATKINSON - LIVRE DE POCHE.
Une lecture plaisante pour finir l'été (avec un titre à l'optimisme débordant (hum...) que j'adore : "Les choses s'arrangent mais ça ne va pas mieux" (après avoir vu hier "Je vais bien, ne t'en fais pas", c'est drôle comme les titres se répondent)). Bref, c'est en quelque sorte la suite de "Souris bleue" pour celles qui l'ont lu, on y retrouve Jackson Brodie toujours aussi fringuant (hum hum...) et tous un panel de personnages aussi névrosés les uns que les autres. Ce que j'aime chez cette auteure, c'est son talent pour croquer des personnages et les rendre illico sympathiques malgré (ou grâce à) leurs tonnes de défauts. J'aime aussi son sens de la digression et son amour des parenthèses à tout va (petite manie qui m'agite aussi :-). J'aime quand au bout de 2 pages, j'ai envie de dire au personnage "ah, tu sais que je t'aime toi" parce qu'il balance 2/3 choses bien cyniques (chose que je trouverais insupportable dans la vie mais délicieuse dans un roman).
Bref, un petit plaisir de fin d'été qui lui ne s'arrange pas du tout (avec une rentrée des classes dans une semaine chez nous).
25 juin 2007
Lecture (d'été) en cours
On parlait de cette saga ("Doggy bag" de Philippe Djian, 4 "saisons" à ce jour) comme étant feuilletonesque (avec ce que ça a d'alléchant : des personnages attachants, une intrigue accrocheuse). On disait de Djian qu'il écrivait à l'américaine (ce qui en terme de littérature, pour moi, n'est pas péjoratif, au contraire). Je me disais : bingo, j'ai trouvé ma lecture d'été. Et bien, pfuit, retombé de soufflé : ça fait hyper franchouillard, ça n'accroche mais pas du tout du tout, ça sonne creux. Peut être est-ce moi qui ne suis pas d'humeur (ben oui, une lecture d'été quand il fait 15 degré et qu'on a l'élastique de ses chaussettes qui scient la cheville, ça n'a pas la même saveur).
Du coup, j'oriente ma prescription sur une valeur sûre pour l'été : "Les chroniques de San Francisco" d'Armistead Maupin. Et ça, même s'il pleut, ça a toutes les qualités citées en ouverture de post. Et bonne nouvelle, il y a 6 "épisodes".
31 mai 2007
Irish mood
Alors que le ciel est gris plomb et qu'il tombe des trombes, je ne vous allège pas le moral en vous parlant d'un livre noir, poignant.
Un père traque le bourreau de sa fille, celui qui l'a violée et laissée dans le coma, celui qui se dérobe à la justice "officielle". Au fil de cette quête, l'homme haï, obsession de toutes les pensées nuit & jour, va devenir un compagnon de route, voire un confident, pour le père désespéré. Joseph O'Connor nous dépeint la complexité des rapports humains dans un roman où rien n'est acquis d'avance. C'est très bon, mais attendez peut-être que le soleil revienne pour le lire, ça vous plombera moins le moral, conseil d'amie.
A L'IRLANDAISE/Joseph O'Connor/Robert Laffont/collection Pavillons poche (bonne collection où il n'y a rien à jeter).
08 mai 2007
Un peu de livres...
Lecture en cours : "Le livre de Joe" de Joanthan Tropper. C'est Flore qui m'y a refait penser et c'est la lecture "doudou" dont j'avais besoin en ce moment (une histoire accrocheuse, plaisante, facile, tantôt acide, tantôt loufoque avec des personnages attachants à leur manière).
Sinon, en vue du swap littéraire, je me fends de mon petit questionnaire pour donner des pistes à ma swapeuse.
4 livres de mon enfance :
La case de l'oncle Tom de Beecher-Stowe : la révélation qu'un livre pouvait me faire pleurer pour de VRAI !
Polly à Venise de Cécile Aubry
les Club des 5, comme les 3/4 des gamins de l'époque
"Fortune de France" de Robert Merle : ben oui, je n'avais pas la télé ce qui pousse à certains retranchements quand on à 10 ans :-)
4 écrivains que je relirais :
Richard Brautigan : ses nouvelles, miam !
JD Salinger
Chuck Palahniuk
"Maus" d'Art Spiegelman
4 auteurs que je ne lirais pas ou plus :
Toute la clique des poids lourds de la litt. française : Nothomb, Houellebecq, Lévy et cie.
Mary Higgins Clark
J'ai été déçue par les derniers Douglas Kennedy
Maurice Dantec
4 livres que j'emménerais sur une île déserte :
Le petit Larousse
Un dictionnaire analogique
Un recueil de poésie d'Aragon
Une méthode de langue (pour s'occuper utile) : l'italien ou le portugais
4 livres de ma "pile à lire" (liste pas du tout représentative car j'adore la littérature US):
"Le roman de Bergen" de Gunnar Staalesen (tiens, un nordique)
"Volvo Trucks" d'Erlend Loe (oh, un autre nordique)
"Avant le gel" d'Henning Mankell (encore un nordique !)
"30 ans et des poussières" de Jay Mc Inerney (un américain, cherchez l'intrus :-)






